Edito 2016

En moins de 4 semaines la France aura connu trois évènements majeurs, tragiques chacun à leur façon. Trois évènements qui pourraient à eux seuls résumer l’état de notre monde et de nos inquiétudes.
Les attentats du 13 novembre d’abord, produits d’un fanatisme prétendument religieux qui a trouvé les moyens de son essor dans le ressentiment et le chaos engendrés par plus de 20 ans d’interventions militaires réitérées par les puissances occidentales.
La mascarade de la COP 21 ensuite, qui n’ouvre — contrairement à ce qui nous est tapageusement annoncé- sur aucune décision à la hauteur de la catastrophe écologique en cours et de l’urgence d’une situation créée par l’exploitation irrationnelle de la planète.
Et pour finir, l’avènement électoral — sur fond d’état d’urgence — d’une formation d’extrême droite qui prospère depuis près de trois décennies sur l’horreur économique et une misère sociale et idéologique qui ne doivent rien au hasard ni à la fatalité.
Chacun de ces évènements était prévisible, donc évitable. À présent les incendies font rage de toute part et aussi absurde que cela puisse paraître, ce sont ceux qui les ont allumés qui demeurent en charge de nous en protéger.
Nombre d’entre nous savent cela, nous ne sommes dupes de rien et pourtant… nombre d’entre nous ont voté à l’occasion des récentes régionales pour ceux qui nous ont conduits au désastre afin d’éviter que cela ne soit pire encore ; car ça peut toujours l’être.
Nous ne pouvons pas vivre avec comme unique perspective l’ambition d’éviter le pire. Il nous faut urgemment inventer de nouveaux horizons que le monde politique et l’oligarchie économique sont absolument incapables de nous proposer.
Il y a plus de deux mille ans dans la cité d’Athènes en crise, Aristophane se proposait d’aller chercher au royaume des morts, les poètes capables de ramener la lumière et de redonner sens à la vie des humains.
Nous avons nous aussi besoin aujourd’hui de redonner la parole à ceux qui sont capables d’inventer de nouveaux horizons. Au premier rang de ceux-ci, tout comme Aristophane, nous plaçons les poètes.
RÉGIS HEBETTE

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